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Reno armé mais pas dangereux...

Reno armé mais pas dangereux...
Léon et The mechanic. Une bouse et un chef-d'oeuvre. Ceux d'entre vous qui ont vu Léon croiront que c'est The mechanic que je qualifie de bouse. Vous auriez tout faux. Et j'espère que cet article pourra dénoncer l'immonde supercherie fait par ce vendu de Besson, afin de vous rediriger vers ce qu'est un vrai polar en général, et un monument du film de tueurs à gages en particulier.
Commençons dans l'ordre chronologique. Sortie dans les années 70, The mechanic (Le flingueur en français) fut réalisé par ce superbe réalisateur qu'est Michael Winner, déjà responsable du ô combien maitrisé Un justicier dans la ville, film injustemment polémique pour son aspect soit-disant fasciste et violent (alors qu'il est tout le contraire, mais ceci est un autre problème...). Aprés avoir donc révolutionné le film de vigilante, Winner embauche de nouveau Bronson pour une oeuvre brossant le portrait d'un tueur à gages froid et mécanique.
Tout le contraire du film de Besson, faux "grand film" des années 90 qui nous montre un executeur vu par Disney, fan de comédies musicales et de plante verte.
Mais comparons pour mieux trouver l'imposteur:
Alors que le début de The mechanic est une longue scène sans parole, qui dévoile d'une façon original la solitude de son personnage, ou l'on voit Bronson préparer son coup pendant des heures et des heures pour liquider sa cible, Besson nous présente son personnage dans un gun-fight totalement grotesque dans lequel Reno n'a pas l'air de se soucier de la propreté de son nettoyage.
Non pas que l'ouverture de Léon soit totalement ridicule, mais il manque ce côté réaliste, et il faut bien avouer qu'elle nous montre d'emblée un personnage monstrueux (qui descend une légion à lui tout seul) et qui se se transformera pourtant, dans la suite du métrage, en gros nounours pitoyable.
Et c'est sur ce point que la psychologie de la bessonade fait pâle figure face au film de Winner (qui pour le coup porte bien son nom...):
Porté par une interprétation parfaite de Charles Bronson, le tueur de The mechanic est un homme totalement bouffé par son métier. Froid, cynique, vivant seul dans une demeure immense, ce personnage vit dans un enfer (d'ou un magnifique tableau de Bosh trônant dans son salon) glaçé, par lequel il s'enfuit parfois en allant voir une pute qu'il paye afin qu'elle joue le rôle d'une femme folle amoureuse de lui.
Besson veut suivre exactement le même schéma mais se plante salement:
Léon est un tueur solitaire mais sympathique comme ce con de père noël. Comment rester gentil quand son métier est de tuer des gens?
Soit notre tueur est un fou dangereux sadique (vu la gueule de Réno et la teneur du scénario, j'en doute...), soit il est totalement idiot. Et une couche, notre père Léon en l'air d'en tenir une belle. Heureusement qu'il n'ya pas de syndicats de tueurs professionnels, ils auraient porté plainte pour difamation contre le film du gros Luc. Un mec censé préparer des coups avec une minutie hallucinante se laisserait-il si facilement pigeonner par un patron de pizzeria (pseudo-parrain, soit-dit en passant...)?
Mais le plus gros du film de notre réal hexagonal préféré est l'aspect totalement asexué de son personnage. Besson nous gratifie de scène violente mais n'ose jamais s'approcher d'un poil de la sexualité de son héros, un trentenaire célibataire. Et c'est à cause de cet erreur finalement ô combien importante que la relation entre Reno et Portman devient involontairement ambigû et dangeureuse. Parler d'amour pédophile fera sauter de leurs sièges certaines personnes qui liront cet article, mais le manque total de psychologie d'un film amène sans équivoque à des interprétations forcées, et Leon, dans son côté totalement vide, devient dangereux dans ses approches thématiques. C'est ce manque de finesse qui fait que Leon ne sera jamais un Man on fire, ni même, pour revenir à notre sujet, surpasser son modèle, Le flingueur.
En effet, le métrage de winner s'appuie aussi sur une relation, qui ici lorgne plus du côté père-fils, celle du tueur avec son jeune élêve, un fils de riche aussi salopard et abject que lui. Et cette relation devient d'une complexité inouïe tout au long du film, car il est difficile de parler d'amour ni même d'amitié entre deux fils de pute cyniques et assassins, et se conclut dans un final surprenant, mais malheureusement irracontable sous cause de spoiler.
Pour finir, si vous n'avez pas vu Le flingueur, achetez- le vite, on peut le trouver dans la collection MGM dans un prix plus que modeste, ce métrage est un putain de chef-d'oeuvre absolu du film noir. Les préparations des executions sont hallucinantes (on se croirait dans le jeu-vidéo hitman!) et la relation entre Bronson et son élêve est d'une complexité à couper le soufle.
Si vous n'avez pas vu Léon (j'en doute...), ne le regardez surtout pas et rayez le à jamais de votre Dvdthèque, et si vous voulez à tout prix le voir concentrez-vous surtout (oubliez le reste...) sur l'excellente interprétation de Gary Oldman (le seul bon point du film), parfait en flic pourri et ordure impitoyable.
Voilà, je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec moi, mais ce n'est peut-être que le début, car je vais essayer dans mon prochain article de prouver que le Dracula de Coppola est un affreux nanar injustement encensé (et je suis trés sérieux...).

# Posté le samedi 10 septembre 2005 16:20

Modifié le lundi 12 septembre 2005 18:07

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