A vrai dire, le projet de La guerre des mondes n'était pas attendu avec une impatience forcenée de la part des afficionados de cinéma, et encore moins de ceux de cinéma de genre.Pourquoi, me diriez-vous?
Car le grand Spielberg avait été depuis longtemps trop vulgarisé de la part de la presse et du grand public, et il était vite devenu un argument marketing bien plus qu'un immense réalisateur. La faute bien sûr à un public beauf qui se l'ai vite accaparé pour en faire un simple représentant de la puissance hollywoodienne (qui a dit Dawson?...) et qui a trop vite simplifié l'extraordinaire puissance thématique de ses films, les transformant en simple histoire moraliste et tout public. En effet, le simple fait de prononcer "Steven Spielberg" et la majorité s'imaginera sans équivoque un monde merveilleux, teinté de bohneur familial et de gentilles créatures qui n'ont rien d'autre à foutre que de fabriquer des téléphones avec un paquet de lessive et une ponceuse...
Ces gens-là ont vite oublié que ce monsieur barbu à l'air si gentil avait réalisé des chefs- d'oeuvres teintés de noirceur comme Les Dents de la mer, Le temple maudit, Jurassic park, Duel ou bien encore Minority report...
Et c'est ces mêmes personnes qui prendront un coup de latte inattendue en voyant cette bombe qu'est la guerre des mondes, car l'on retrouve notre réal schyzophrène dans une inspiration puisant dans son côté le plus sombre, surtout après des films certes trés bons comme le Terminal ou Attrape moi...(qui a dit Marc Dorcel?) mais beaucoup trop gentillets dans leur fond comme dans leur forme.
La grande force de son dernier opus est qu'il nous fait d'emblée oublier tout les films d'invasions extra-terrestres que l'on a pu visionner jusqu'alors. On s'attendait franchement à un independance day bien filmé, on se retrouve face à un métrage vraiment flippant et d'une obscurité accablante. On peut donc d'ores et déjà affirmer que tonton Spielberg a réalisé un des blockbusters les plus intéressant de ces dix dernières années.
L'atout majeur de ce film est avant tout son côté réaliste, si réaliste que cela en devient presque gênant...Alors que dans la plupart des films du même thème les réalisateurs prennent un recul suffisant afin de toujours rappeler à leur public qu'il s'agit de pure science-fiction, Spielberg entre avec beaucoup de sérieux dans son sujet et le filme comme s'il s'agissait d'une oeuvre sur l'holocauste...
Et c'est là que Spielberg redéfinit son cinéma (en tout cas la trajectoire de celui-ci) et nous démontre que ce style réaliste qu'il avait déjà utiliser dans ce chef-d'oeuvre qu'est le Soldat Ryan n'est pas une simple manière de montrer au spectateur des horreurs vécus mais simplement et seulement un véritable style cinématographique, qui au-delà de la dimension de "témoignage" qu'on lui avait donnée n'est qu'une manière comme une autre de provoquer des sentiments chez les spectateurs sur des faits horribles, qu'ils soient fictifs ou pas. Spielberg a donc l'extrême intelligence d'utiliser un point de vue paradoxal mais ô combien subtile, c'est à dire que le côté trés réaliste (la plupart du temps filmé caméra à l'épaule à l'instar de Ryan cité plus haut...) de son oeuvre ne sert qu'à démontrer à ses spectateurs qu'ils ne sont que devant du cinéma, uniquement du cinéma.
L'autre point fort du film, qui ravit les cinéphiles désabusés, est un traitement radical et peu commun de la survie des êtres humains face à un danger, traitement trés original surtout depuis les pseudo-films-catastrophe de ces dernière années. Alors qu'un sentiment post-11 septembre consistait à montrer une solidarité outrancière entre les êtres humains (rappelez vous Le jour d'après et le neanmoins chef-d'oeuvre Spiderman 2), le film eradique toute entraide surréaliste et nous montre des hommes qui suivent leur instinct de survie de la manière la plus exécrable qui soit. Spielberg nous rappelle donc notre véritable nature, et ne veut en aucun cas délivrer un message utopique propre à notre ère de paranoïa terroriste. Il ne cherche donc pas la pensée politiquement correcte visant à nous faire croire que nous sommes fortement soudés, alors que tout le monde sait très bien qu'en cas de danger nous nous comporterons le plus libéralement et sauvagement possible. Cet aspect pessimiste et amer est si présent dans le métrage qu'on croirait presque qu'on est face à un film de zombie plutôt que d'invasion extra-terrestre!
Sinon le reste du film frôle la perfection: la réalisation est sublime (comme toujours chez Spielberg), la musique de Williams et les bruitages sont réelement flippant (le bruit des machines est à chier dans son froc...), les acteurs s'en sortent à merveille (Tom Cruise est au sommet bien que parfois la petite Dakota s'avère légèrement crispante...) et le scénario tient la route, malgré quelques petites incohérences qui n'entachent en rien ce film magnifique. Seul le final (mis à part le happy-end familial, mais ça on a l'habitude et on ne peut plus lui reprocher...) a fait réagir beaucoup de monde, personellement je le trouve extrémement intéressant mais je ne peux en parler pour cause de tomber dans un spoiler ridicule.
On peut donc affirmer que le nouveau Spielberg se place sans aucun doute au penthéon de ses meilleurs films, en attendant qu' E.T s'achète un motorola...
P.s: A noter aussi qu'il n'ya aucun patriotisme malsain dans La guerre des mondes, Spielberg ne filme pas l'histoire d'un pays mais bel et bien celle d'êtres humains. Et pour une fois ça fait bien plaisir de ne pas voir cette putain de bannière étoilée...
Car le grand Spielberg avait été depuis longtemps trop vulgarisé de la part de la presse et du grand public, et il était vite devenu un argument marketing bien plus qu'un immense réalisateur. La faute bien sûr à un public beauf qui se l'ai vite accaparé pour en faire un simple représentant de la puissance hollywoodienne (qui a dit Dawson?...) et qui a trop vite simplifié l'extraordinaire puissance thématique de ses films, les transformant en simple histoire moraliste et tout public. En effet, le simple fait de prononcer "Steven Spielberg" et la majorité s'imaginera sans équivoque un monde merveilleux, teinté de bohneur familial et de gentilles créatures qui n'ont rien d'autre à foutre que de fabriquer des téléphones avec un paquet de lessive et une ponceuse...
Ces gens-là ont vite oublié que ce monsieur barbu à l'air si gentil avait réalisé des chefs- d'oeuvres teintés de noirceur comme Les Dents de la mer, Le temple maudit, Jurassic park, Duel ou bien encore Minority report...
Et c'est ces mêmes personnes qui prendront un coup de latte inattendue en voyant cette bombe qu'est la guerre des mondes, car l'on retrouve notre réal schyzophrène dans une inspiration puisant dans son côté le plus sombre, surtout après des films certes trés bons comme le Terminal ou Attrape moi...(qui a dit Marc Dorcel?) mais beaucoup trop gentillets dans leur fond comme dans leur forme.
La grande force de son dernier opus est qu'il nous fait d'emblée oublier tout les films d'invasions extra-terrestres que l'on a pu visionner jusqu'alors. On s'attendait franchement à un independance day bien filmé, on se retrouve face à un métrage vraiment flippant et d'une obscurité accablante. On peut donc d'ores et déjà affirmer que tonton Spielberg a réalisé un des blockbusters les plus intéressant de ces dix dernières années.
L'atout majeur de ce film est avant tout son côté réaliste, si réaliste que cela en devient presque gênant...Alors que dans la plupart des films du même thème les réalisateurs prennent un recul suffisant afin de toujours rappeler à leur public qu'il s'agit de pure science-fiction, Spielberg entre avec beaucoup de sérieux dans son sujet et le filme comme s'il s'agissait d'une oeuvre sur l'holocauste...
Et c'est là que Spielberg redéfinit son cinéma (en tout cas la trajectoire de celui-ci) et nous démontre que ce style réaliste qu'il avait déjà utiliser dans ce chef-d'oeuvre qu'est le Soldat Ryan n'est pas une simple manière de montrer au spectateur des horreurs vécus mais simplement et seulement un véritable style cinématographique, qui au-delà de la dimension de "témoignage" qu'on lui avait donnée n'est qu'une manière comme une autre de provoquer des sentiments chez les spectateurs sur des faits horribles, qu'ils soient fictifs ou pas. Spielberg a donc l'extrême intelligence d'utiliser un point de vue paradoxal mais ô combien subtile, c'est à dire que le côté trés réaliste (la plupart du temps filmé caméra à l'épaule à l'instar de Ryan cité plus haut...) de son oeuvre ne sert qu'à démontrer à ses spectateurs qu'ils ne sont que devant du cinéma, uniquement du cinéma.
L'autre point fort du film, qui ravit les cinéphiles désabusés, est un traitement radical et peu commun de la survie des êtres humains face à un danger, traitement trés original surtout depuis les pseudo-films-catastrophe de ces dernière années. Alors qu'un sentiment post-11 septembre consistait à montrer une solidarité outrancière entre les êtres humains (rappelez vous Le jour d'après et le neanmoins chef-d'oeuvre Spiderman 2), le film eradique toute entraide surréaliste et nous montre des hommes qui suivent leur instinct de survie de la manière la plus exécrable qui soit. Spielberg nous rappelle donc notre véritable nature, et ne veut en aucun cas délivrer un message utopique propre à notre ère de paranoïa terroriste. Il ne cherche donc pas la pensée politiquement correcte visant à nous faire croire que nous sommes fortement soudés, alors que tout le monde sait très bien qu'en cas de danger nous nous comporterons le plus libéralement et sauvagement possible. Cet aspect pessimiste et amer est si présent dans le métrage qu'on croirait presque qu'on est face à un film de zombie plutôt que d'invasion extra-terrestre!
Sinon le reste du film frôle la perfection: la réalisation est sublime (comme toujours chez Spielberg), la musique de Williams et les bruitages sont réelement flippant (le bruit des machines est à chier dans son froc...), les acteurs s'en sortent à merveille (Tom Cruise est au sommet bien que parfois la petite Dakota s'avère légèrement crispante...) et le scénario tient la route, malgré quelques petites incohérences qui n'entachent en rien ce film magnifique. Seul le final (mis à part le happy-end familial, mais ça on a l'habitude et on ne peut plus lui reprocher...) a fait réagir beaucoup de monde, personellement je le trouve extrémement intéressant mais je ne peux en parler pour cause de tomber dans un spoiler ridicule.
On peut donc affirmer que le nouveau Spielberg se place sans aucun doute au penthéon de ses meilleurs films, en attendant qu' E.T s'achète un motorola...
P.s: A noter aussi qu'il n'ya aucun patriotisme malsain dans La guerre des mondes, Spielberg ne filme pas l'histoire d'un pays mais bel et bien celle d'êtres humains. Et pour une fois ça fait bien plaisir de ne pas voir cette putain de bannière étoilée...